PORTIMÃO – LANZAROTTE – FUERTEVENTURA : des surfs à 20 nœuds, qui dit mieux ??

Mercredi 22 janvier – 9h00 : Nous sommes prêts à quitter le Vieux Continent – Cap sur les Canaries. Le moteur pétarade gaiement pendant une heure, le temps de trouver un peu de vent pour  envoyer les voiles. Encore une fois, c’est un départ sous le soleil et un ciel bleu azur.

Jusqu’à 15h30, nous faisons route à 6 nœuds avec un ris dans la grand-voile. Comme annoncé, le vent commence à forcir, 20-25 nœuds de Nord-Ouest. La mer se creuse. Nous affalons la grand-voile et continuons sous génois seul. Tass est un voilier léger et rapide, nous n’avons pas besoin d’une grande surface de toile pour avancer à bonne allure. La grosse houle nous propulse dans des surfs à 10-15 nœuds.

La nuit est un peu musclée, les vagues déferlent dans l’obscurité quasi totale. Le ciel est couvert et la lune ne se lève que vers 1h00 du matin pour apporter un peu de lumière. On sent toute la puissance de l’océan. Accrochés à tour de rôle à la barre pendant 2 heures, dans une houle croisée, Tass se comporte remarquablement bien et s’envoie des surfs à 18-20 nœuds !! Au matin, après avoir parcouru 170 miles, nous confessons être un peu groggy. La mer forte impose un roulis incessant au bateau et nos solides estomacs, bien que très amarinés, se sentent un peu nauséeux. Nous ne sommes pas vraiment malades mais nous ne pouvons nous nourrir que de biscuits et de soupes.

Dans une mer aussi formée, le pilote automatique se comporte comme un barreur débutant : tout va bien pendant 3 minutes et soudainement, pris de panique, il se met à faire n’importe quoi et le bateau part en travers de la houle… Nous sommes donc obligés de nous relayer à la barre : 2 heures de quart à la barre – 2 heures de repos dans  la bannette. Nous nous croisons sur le pont, passage de relais : le nouveau barreur s’installe, règle le coussin de barre, et récupère la barre au vol.   Nous échangeons rapidement des impressions ou informations sur ce qui s’est passé pendant ces 2 heures de solitude et de concentration, et nous filons nous mettre au sec dans la bannette.

 

Jeudi matin, la mer est impressionnante, ce sont des montagnes de 4 à 6 m, blanches d’écume, qui jouent au yo-yo avec nous. La température est douce et le soleil brille, mais nous devons garder les cirés. Certaines vagues sont vicieuses et, soudainement, elles rebondissent sur la coque et vise l’encolure de la veste de quart, inondant d’eau froide le barreur.

La mer s’assagit pour notre seconde nuit, le bateau est plus facile à barrer et nous commençons à reprendre des forces : sommeil et appétit sont de retour. La nuit, nous barrons la tête dans les étoiles. A chaque début de quart, nous choisissons soigneusement les étoiles qui nous guideront pendant 2 heures. Les astres sont rassurant dans cet univers où tout est mobile, c’est un point fixe auquel on s’accroche pour tracer la route. Il arrive qu’un nuage ou qu’une brusque embardée vous fasse perdre vos bonnes étoiles, il faut alors fouiller le ciel pour retrouver l’indicateur céleste. Le ciel tourne durant la nuit, à chaque quart, nous changeons d’étoile. Il arrive que nous nous trouvions dans l’obscurité totale : pas de lune, pas d’étoile pour nous repérer. Nous barrons alors les yeux rivés au compas (la boussole des marins) ou au GPS ; la nuit noire désoriente et, sans ces instruments, il est difficile de garder le cap. C’est toujours avec un certain soulagement que nous accueillons le retour d’un point de repère venu du ciel. 

Tass continue de filer à toute allure sur une piste bosselée ; encore 170 miles parcouru en 24h et un nouveau record de vitesse : 21,6 nœuds !!!! Ça arrache sévère !! Nous avons enfin trouvé notre rythme de croisière et pouvons passer un peu plus de temps sur le pont. Le temps que nous passons à l’intérieur n’est plus chronométré, et nous pouvons préparer des repas sommaires sans être pris de nausées.

Nous ne croiserons que peu de cargos, quelques dauphins et une tortue. Nous  pensions mettre 4/5 jours pour arriver à destination. Nous explosons nos prévisions : samedi 25 janvier – 23h00 nous nous arrêtons à Puerto Calero – LANZAROTTE. 3 jours et demi d’une navigation sportive et humide pour parcourir 587 miles. Cette fois-ci, nous sommes fier d’annoncer une moyenne de 6,9 nœuds. Nous ne cacherons pas que, c’est un peu crânement que nous avons répondu à nos voisins de quai, qui nous demandaient si nous avions mis 5 ou 6 jours pour descendre du Portugal, qu’il nous avait fallu seulement 3jours et demi.

La Marina de Puerto Calero est somptueuse, luxueuse mais affreusement hors de prix : 32 €/jours. Nous nous y arrêtons 2 nuits, le temps de faire sécher le bateau et l’équipage. Tout est trempé ou du moins bien humide à l’intérieur ; le bateau est sans dessus-dessous. Il nous faudra une journée entière pour remettre en ordre notre petit intérieur. Sur le pont, nous osons contrevenir au règlement de la Marina, et étendons cirés, draps, matelas, gilets de sauvetage, linge, voiles… On fait un peu gitans dans cette marina où les bollards (ou bites d’amarrage) sont polishés et brillent comme de l’or. 

Lundi 27 janvier – 10h30 nous quittons Lanzarotte – Cap sur Fuerteventura. Navigation au portant, toutes voiles dehors et sous le soleil ! 14H30, nous sommes à quai à Corrallejo. Contrairement à ce que nous avions lu partout, aucun problème pour joindre le port par VHF, aucun problème pour avoir une place : nous avons de la chance et sommes bien accueillis, peut être en raison d’une confusion avec un autre voilier qui devait arriver le même jour… Le port est agréable, pas cher (11 €/ jour, sans sanitaires mais nous avons maintenant une douche à bord) et plus authentique que le reste de la ville. Nous retrouvons Mat et Yoan avec qui nous allons nous balader pendant 15 jours.

PETITE PAGE DE PUB POUR YOAN : Si vous avez envie de découvrir le surf ou de vous perfectionner, nous vous conseillons d’aller faire un tour à La Torcbe dans le Finistère et de contacter Yoan. Son école de surf s’appelle « Allons surfer » et  vous serez entre des mains expertes.  C’est l’un des spots les plus fameux de Bretagne pour le surf et Yoan est sûrement le prof le plus zen et pédagogue que vous puissiez trouver.

Facebook : Allons Surfer ! Ecole de surf à la Torche – Email : allonsurfer@free.fr – Tel : +33 6 52 41 42 56 – Site : http://www.allons-surfer.com/

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