PORTIMÃO, la découverte des trésors de l’Algarve

Les caprices de la météo nous ont permis de profiter plus longtemps que prévu de notre escale au Portugal. Arrivés le 9 janvier, nous ne repartirons que le 22, après un faux départ le 14 janvier.

Nous nous sommes amarrés dans un premier temps au ponton de la Marina de Portimão. C’est une marina très récente, très sécurisée, un peu chère (18€/jour) mais surtout très loin de la vie portugaise. Nous avons fait baissé la moyenne d’âge du quartier ; beaucoup de retraités européens (anglais, hollandais, allemands, français…) y passent l’hiver soit avec leur bateau, soit avec leur camping-car. Nous avions déjà été surpris dans le Sud de l’Espagne par le nombre de camping-caristes, mais nous étions loin d’imaginer qu’il puisse y avoir des champs entiers de camping-car, bien rangés les uns à côté des autres, acceptant de payer 2,50 € / Jour pour un emplacement sans eau, ni électricité.

Notre priorité en arrivant a été de trouver une solution rapide et économique pour résoudre, à nouveau, un problème avec notre moteur. Quelques miles avant d’arriver à Portimão, il nous a fallu faire de grandes incantations pour que notre « bourrique » accepte péniblement de se mettre en route. Cette fois-ci, c’est une nouvelle batterie que nous lui avons offert, mais au prix d’un bon nombre de kilomètres à pied… Le centre-ville se trouve être à 2km de la marina et pour les shipchandlers, il faut user ses semelles pendant 4km (8km aller/retour) ! Après 2 jours de randonnées-shopping/bricolage, nous avons un moteur qui démarre au quart de tour, et nous pouvons enfin profiter de notre escale portugaise.

Mardi 14 janvier, une fenêtre météo semble se présenter pour que nous descendions vers les Canaries. « Tass » est à nouveau prête à repartir : moteur OK – vivres et eau en grande quantité pour 5/6 jours. Nous payons la marina et, avant de partir, chargeons les derniers fichiers météo. Faux départ : à mi-chemin entre le continent et les Canaries, nous attend « une bonne baston » de 24h avec des vents de 35/40 nœuds et une houle de 8/10m. Pas la peine d’aller se mettre dans la brafouille quand on a le temps d’attendre.

Nous avions repéré un autre petit port au centre-ville de Portimão. Renseignements pris, pour 9€/jour, eau et électricité comprises, nous pouvons nous amarrer au ponton, que nous partageons avec une colonie de goélands. Pas de douches… mais pour la moitié du prix de la marina, on a testé la douche à l’ancienne et c’est tout aussi bien. Une bouilloire d’eau chaude dans le pulvérisateur (type pulvérisateur à engrais ou désherbant), une bassine dans le cabinet de toilette, un rideau de douche et voilà on a une douche chaude dans le bateau !!

Nous nous trouvons maintenant au cœur de la ville. Portimão s’étend sur la rive droite de la Ria Arade et est la deuxième ville de la région de l’Algarve (environ 55 000 habitants). L’Algarve est située au sud-ouest du Portugal. Avec une grande tradition maritime, la restauration, le commerce et surtout, le tourisme, sont les activités économiques principales. Le tourisme a une importance telle en Algarve, qu’il représente, directement et indirectement, environ 60% du total des emplois et 66% du PIB régional (5millions de touristes par an).

 

En continuant vers l’embouchure de la Ria Arade, se trouve Praia da Rocha, une des destination les plus populaires du sud du Portugal. Une vaste étendue de sable, longue de 3km et interrompue par des formations rocheuses aux tons ocres, fait face à une forêt de béton : des dizaines de tours de plus de 20 étages défigurent un littoral d’un beauté rare. Le littoral français n’est pas le seul à avoir subi les outrages des promoteurs immobiliers, les Portugais ont eux aussi bien massacré leur côte.

L’embouchure de la Ria Arade est pleine de contraste. En face de Praia da Rocha, se trouve Ferragudo, un village resté très authentique : maisons à deux étages, balcons en fer forgé,  encadrements des fenêtres et des portes en pierre de taille et murs revêtus d’azulejos.  Un petit village qui n’a pas succombé aux hydres de la modernité.

Portimão est à mi-chemin entre ces 2 villes, ses ruelles et ses places parlent d’une ville industrieuse et active qui a accompagné le progrès. Les rues étroites de l’ancien quartier des pêcheurs et des commerçants s’opposent aux bâtiments modernes nés de la politique de progrès de Salazar. Le développement de Portimão est intimement lié à l’expansion de l’industrie des conserves. Au milieu du XIXème siècle, les industriels portugais commencèrent à investir dans la création de conserveries. Ces industriels maîtrisaient toutes les étapes de la production. Ils disposaient de chantiers de construction naval, d’une flotte de pêche et de transport, et de propriétés agricoles fournissant les matières premières essentielles à la production de conserves, tels que l’huile d’olive et le bois pour la construction des navires et l’alimentation des chaudières. A la veille de la Première Guerre Mondiale, le Portugal était le premier pays producteur de conserves et l’Algarve produisait 55 %  des boîtes de sardine portugaises. En 1921, il existait 27 conserveries à Portimão. La fin de la Deuxième Guerre Mondiale marque le déclin de cette industrie qui a fait la richesse de toute la région. Aujourd’hui, la sardine et les conserveries font partie du folklore local. Toutes les fabriques de Portimão ont fermé, un musée a été installé dans les murs d’une ancienne usine pour faire revivre l’effervescence de cette époque faste. Le paysage de Portimão conserve malgré tout la marque de cette ère industrielle. Les vielles cheminées en briques des conserveries ont été préservées et servent désormais de nid aux cigognes.

Cette escale prolongée est un vrai délice, nous sommes décidément tombés sous le charme du Portugal. L’accueil y est vraiment chaleureux, et nous tentons timidement quelques chuintement en portugais pour tenter de communiquer avec nos hôtes, qui bien souvent parlent français ou anglais. Nous profitons des journées chaudes et ensoleillées pour parcourir ce littoral à couper le souffle. Un bus nous amène à Alvor, petit village de pêcheurs installé sur la Ria d’Alvor. Les quelques 6km de côte qui nous séparent de Portimão sont vraiment magnifiques : plage de sable fin et doré, mer bleu turquoise et tranquille, falaises ocres et rochers aux formes insolites. On s’y sent tellement bien que l’on se surprend à ne plus vouloir partir… Heureusement, la météo nous arrache à nos chimères portugaises. Le 22 janvier, nous avons enfin une belle fenêtre météo avec du vent portant de 20/25 nœuds pour nous pousser vers Fuerteventura, où nous avons rendez-vous avec Mat, un cousin de Jérémie, et Yoan  pour un « surf trip » aux Canaries.

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