Almerimar / Gibraltar : on sort toute la garde-robe !

Dimanche 29 décembre – Départ sous le soleil, douce chaleur mais c’est du près dans de la molle. On n’est pas surpris, les fichiers météos nous l’avaient dit. Alors, TASS glisse, légèrement gîté, 20° au dessous de notre route, 5 nœuds dans moins de 10 noeuds de vent. Lors de notre passage à La Ciotat, notre amie Cécile (www.cecileenmer.com) nous avait donné une voile toute neuve, trop petite pour son bateau mais qui pouvait peut être aller sur le nôtre. Ce vent léger est idéal pour tester cette nouvelle voile. Et y a pas à dire : il est trop beau ce solent : Cécile, Merci beaucoup ! Cette voile de régate a fière allure sur TASS, mais du coup c’est la grand-voile qui fait pâle figure. Ahh avec un jeu de voile digne de ce nom, on gagnerait facilement 1 nœud (1 nœud = 1,852 km/h).  On peste un peu mais nous n’avons pas eu le temps, ni les moyens de trouver mieux que ce qui est déjà à bord.

En fin d’après-midi, le vent commence à tourner un peu : affalage du solent pour remettre le génois sur l’enrouleur. Enfin un peu de portant, on va pouvoir choquer les voiles, et tout de suite on gagne les 6 nœuds dans 10 nœuds de vent ! Le bateau glisse bien et toute la nuit, le vent va rester portant en tournant progressivement .

Une nuit de rêve ! Le ciel : toutes étoiles dehors, avec des dizaines d’étoiles filantes qui nous permettent de refaire notre stock de vœux ; la mer : étincelante de plancton luminescent qui donne un sillage féerique à TASS ; et surtout une escorte qui durera toute la nuit : les dauphins !! Ils arrivent dans la nuit comme des petits fantômes, scintillant de noctiluques, comme parés d’une traîne et d’un halo étincelant. Les dauphins font à TASS une escorte princière : c’est un spectacle dont on ne pourra jamais se lasser !! La carène de TASS a l’air de leur plaire, ils nous accompagneront quasiment jusqu’à Gibraltar. Nous verrons également des Globicéphales, pour résumer grossièrement c’est un mammifère marin à mi-chemin entre le dauphin et l’orque.

Au petit matin, nous sommes « plein-cul ». Ce vocabulaire marin un peu vulgaire ne signifie pas que nous n’en pouvons plus, mais que le vent nous pousse en plein dans le derrière ! Du coup, ça fait l’effet « arrêt buffet » ; on est scotché à 3 nœuds et on ne se rapproche pas vraiment de notre destination. L’occasion est trop belle : on va pouvoir envoyer le SPI !!!! Tout content, on réfléchit à comment gréer la voile ; on prépare consciencieusement cette manœuvre attendue avec beaucoup d’impatience. En quelques brassées, le spi est en tête… Heuuuu… il nous avait dit quoi Calle, que le spi était un peu petit pour le bateau ???? Un peu, c’était un euphémisme : le spi est ridiculement petit pour TASS, on dirait un spi taille enfant qu’on ne pourra envoyer utilement que dans une brise de 25 à 30 nœuds. Déçus et surtout, piteux de n’avoir regardé que la qualité du tissu sans déplier la voile au moment de l’achat du bateau, nous remballons notre mouchoir et pensons nous consoler en testant le Gennaker. Nouvelle déception : cette voile est certainement dessinée pour le même bateau que  le spi, mais certainement pas pour TASS… Tous nos rêves de belles voiles de portant s’évaporent, on se sent un peu nigaud de ne pas avoir regardé plus en détail ces voiles quand on a acheté TASS. Mais bon, c’est bien connu, un coup de foudre, cela ne rend pas vraiment clairvoyant…

Alors, pour se remettre de notre double déception de la matinée, on s’envoie le génois léger sur le bout dehors, façon gennaker. Et ça ne marche pas trop mal jusqu’à 14h30 : plus un souffle d’air ! Rideau : on remballe toute la toile et on démarre « la bourrique » fumante et bruyante. Fini la voile ;  jusqu’à Gibraltar, ce sera du moteur ! Les derniers fichiers météos nous confirment que nous allons devoir attendre quelques jours avant de pouvoir faire route sur les Canaries. On ne se sent pas punis : nous allons enfin pouvoir visiter Gibraltar (Jérémie : 7 passages par Gib – Emmanuelle:5 passages) ; des bateaux que nous connaissons sont en escale là-bas et le réveillon du nouvel an se fera à terre pour une fois !!

21h00 Lundi 30 décembre – Nous entrons à petit pas dans la baie de Gibraltar. C’est étonnant, mais à chaque fois que nous faisons escale ici, nous arrivons de nuit. Et une entrée de nuit dans Gibraltar, cela donne l’impression d’arriver dans la 4ème dimension : des lumières partout ; de très gros cargos, des gros souteurs, des remorqueurs, des pilotines- au mouillage, en train de manœuvrer, en train de souter, en route… Enfin, il y a en a dans tous les sens et les torchères des raffineries, crachant leurs flammes, viennent parfaire cette impression surréaliste. Alors, on se fait discret ; on rase les murs ; on slalome entre les cargos au mouillage et on file vers le fond de la baie : Marina Alcaidesa – La Linéa.

21H30 : Tass est amarré et nous retrouvons « Blue Belle », le bateau de nos amis turcs Maral et Ugul, célébrités de leur pays pour faire figure de pionniers dans la culture du voyage en voilier.

Pour résumer : nous avons navigué 36 heures, parcouru 157 miles nautiques et conservons cette moyenne de vitesse, qui nous dépite un peu, de 4,3 nœuds… encore une fois, les conditions météos n’étaient pas faites pour faire de la vitesse. Prochaine nav’, promis on va faire péter le speedomètre !!

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One response to “Almerimar / Gibraltar : on sort toute la garde-robe !

  • Simon

    trop bon ! continuez à nous faire rêver !!!
    si j’ai bien compris le premier qui passe vous voir vous amène des voiles xxl ??
    bises

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